Six années de pension,
Comment les accepter.
Quand on a que douze ans,
Qu'on se voit retirer
Sans l'avoir demandé,
La liberté des jours
D'insouciante écolière.
Mais ce jour arriva.
Un triste jour d'octobre.
Seule dans ce parloir froid,
Grand et sombre à souhait,
Qu'il fut réconfortant
L'accueil chaleureux
De celle qui plus tard
Devinrent mes amies.
L'habitude vint vite
Que de jours simples à vivre,
Ma donnée l'internat
Entre amies bien choisies
Et professeurs sévères.
Je me souviens encore
Du grand réfectoire froid
Et de sa chaude ambiance
A l'heure des repas.
Et, le soir au dortoir,
Avant l'heure du coucher,
Suivant nos préférences
Ou nos affinités,
Assises au pied d'un lit,
Les petites confidences,
Chuchotées à voix basses,
Dans une oreille amie,
Ça ne peut s'oublier.
Sur le baiser du soir,
On allait se coucher.
Comme elles furent regrettées,
Mes amies de ce temps,
Ce petit groupe uni
De trois ou quatre filles.
Au retour des vacances,
Que de joie de bonheur,
Se lisait dans nos yeux.
Encore pour une année,
Nous allions vivre ensemble,
Malgré les froids dortoirs,
Et les préaux lépreux.
Cette vie là, vois tu
Nous collait à la peau.
Nous nous sentions chez nous.
Pour nous les pensionnaires,
Elle est passée trop vite.
Des souvenirs en restent
Et parfois des regrets.
Certains jours furent d'enfer,
D'autres de paradis.
Ces années d'internat,
Elles, vivent toujours en moi.
C'est pour cela, vois tu
Qu'aujourd'hui je t'en parle.
Avons-nous seulement,
Eu la sagesse de savoir,
Tout simplement en profiter ?
Bien des fois, je me dis :
« Si jeunesse savait ............ »
Sûrement que la suite,
Moi-même la connais.
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