La lune est roussâtre
Sur les algues saumâtres.
Et les mouettes faméliques
Arpentent des grèves magiques.
L'été s'en va au loin
Sur le dos des marsouins .
Et les pêcheurs du large saluent
Les rayons d'or à perte de vue .
Et les marées sont des pleurs ,
Les larmes des malheurs
Qui remplissent sans cesse
La mer qui nous blesse .
Sur le fil de l'eau chahute
Les vagues bleues qui luttent
Sur des rochers saillant
Dans la tombée des vents .
Il y a la pointe des trépassés
Ils crient aux nuées
Fantômes ou poissons ?
Nul n'a la solution .
Ce n'est pas très triste
Comme un clown sur la piste
Car l'eau du corps est salée
Dans la mer embrasée .
Que les larmes sont douces
Sur le bout de son pouce ,
Sucrées , en regardant ,
Le vol parfait des goélands .
J'aime surtout les oiseaux
Qui traînent leurs oripeaux
De neige et de suie
Sur les galets de la nuit .
C'est la fin de l'été
Sur le sable argenté .
La nuit tombe , mélancolique ,
Ce n'est rien de tragique .
Longues sont nos vies
Et brèves nos envies .
Comme des respirations
Qui remontent des fonds .
Sur le bord de la mer
Il y a des portes de fer
Les oiseaux y fracassent les plumes
C'est ce bruit qu'exhale la brume .
Et alors , petit à petit ,
Comme un promeneur de la nuit
Je quitte les lieux
En regardant les cieux .
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