Femmes voilées comme des sculptures de pierre
Sous le ciel bas et lourd du désert
Femmes cachées sous les voiles de la nuit,
Lamentation d'une mère dans les cris.
Leurs regards sont pareils à ceux des statues
Pour des yeux claustrés et des voix qui se sont tues !
Femmes inconnues des pays de sables de feu,
Fantômes sans formes à la recherche de Dieu.
Quand meurent dans les dunes les vies oubliées,
Sous le fouet du vent marchent les femmes voilées.
Ces femmes de pierre n'ont plus d'enfants,
Elles ont perdu leurs âmes emportées par les démons.
Elles ont enfermé leurs corps dans l'obscurité
D'un voile noir qui laisse leurs yeux embués !
Ce sont les femmes nées dans un autre monde,
Esclaves à vie sous le joug des hommes immondes.
Elles sont pauvres et errantes ces femmes,
Elles ne sont plus déesses pour des yeux de larmes ;
Leurs ventres de femmes sont sacrifiés sur l'autel
De la misère et des prières de l'éternel.
Prières du coran sous le ciel de l'Afghãnistãn,
Voiles noirs aux vents des sables rouges de sang.
Les femmes sont muettes sous la foudre des cieux,
Dans l'attente du pardon qui ne viendra pas de Dieu.
Femmes sans noms aux voiles noirs sous les vents,
Vents des tempêtes qui amènent les châtiments !
Prisons de voiles pour les femmes des ombres,
Fantômes de voile noir qui errent dans les rues sombres.
Leurs larmes coulent dans les cruches de pleurs
Pour de longues complaintes qui se meurent
Dans les profondeurs des sables du désert
Avec le soleil des morts qui se couche aux enfers.
Ces femmes voilées dans l'obscurité d'un ciel lourd
Marchent vers l'au-delà dans l'espoir du retour
Guidées par le pasteur qui les mènera au Dieu de douceur
Pour montrer au peuple leur face de douleur.
Leurs yeux noirs et tristes derrière le masque de voile,
Cherchent depuis la nuit des temps les étoiles
Qui leurs montreront un jour les sources de l'amour,
Afin de dévoiler leurs yeux noirs pour toujours.
6 votes - 3.50/5 - Noter ce poème :